L’opinion publique s’interroge sur la gestion du Ministre du Commerce Extérieur face aux mandataires publics. Alors que la rigueur a frappé l'OCC, la FIKIN semble bénéficier d'une étrange indulgence.
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, est au centre d’une polémique qui ne cesse d’enfler. Après avoir suspendu avec fermeté le Directeur Général de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), le Dr Étienne Tshimanga Mutombo, pour des manquements dans sa gestion, le ministre semble étrangement tolérant vis-à-vis du Directeur Général de la Foire Internationale de Kinshasa (FIKIN), M. Kampembele, dont la gestion est pourtant décriée de toutes parts.
Une administration FIKIN minée par le népotisme
Les agents de la FIKIN dénoncent une gouvernance marquée par le favoritisme et une forme d'appropriation familiale de l’institution. Selon plusieurs témoignages, la majorité des recrutements récents concerneraient des proches du Directeur Général, transformant ce patrimoine public en une quasi-entreprise privée.
Plus grave encore, les installations de la FIKIN, initialement destinées à accueillir des expositions d’envergure et à promouvoir l’industrie nationale, sont désormais détournées de leur vocation et utilisées comme simples dépôts de containers pour des intérêts expatriés.
Le contraste saisissant entre l’OCC et la FIKIN
La suspension du DG de l’OCC avait été saluée comme un acte de rigueur nécessaire pour restaurer la discipline et la transparence. Cependant, l’absence de mesures similaires contre le DG de la FIKIN nourrit aujourd'hui un sentiment d’injustice et d’incohérence.
Pourquoi cette politique du "deux poids, deux mesures" ? Comment justifier une telle fermeté dans un dossier et une telle indulgence dans l’autre, alors que les griefs à la FIKIN semblent tout aussi alarmants, sinon plus ?
Une institution nationale paralysée
La FIKIN n’est pas une simple structure administrative ; elle représente une vitrine économique et culturelle majeure, censée valoriser la production locale et attirer les investisseurs. Son immobilisation actuelle et sa gestion opaque constituent une perte de visibilité colossale pour l’économie congolaise et une marginalisation de l’industrie nationale.
L’appel à la responsabilité
Face à cette situation, la société civile, les agents de la Foire et l’opinion publique exigent du ministre Julien Paluku :
- Des mesures disciplinaires claires à l'encontre du DG de la FIKIN.
- La restauration de la vocation originelle de la Foire comme espace de promotion économique et culturelle.
- Une égalité de traitement entre tous les mandataires publics, afin de dissiper toute suspicion de favoritisme.
Conclusion
Julien Paluku est aujourd’hui placé devant un dilemme de gouvernance. En sanctionnant un mandataire dont la gestion est ouvertement critiquée, il affirmerait sa cohérence et son engagement pour la "bonne gouvernance". En laissant perdurer ce statu quo, il risque de condamner la FIKIN à une agonie certaine et de fragiliser sa propre crédibilité. L’opinion attend désormais des actes concrets.

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